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Elle est l’instigatrice d’un projet visant à donner son nom à un sentier

Elle souhaite rendre hommage à un pompier décédé dans l’exercice de ses fonctions

Une publication Néomédia
Elle souhaite rendre hommage à un pompier décédé dans l’exercice de ses fonctions
Photo: Stéphane Brunet, Néomédia

Le 17 octobre dernier, le pompier Pierre Lacroix, affilié à la caserne 64 de Montréal perdait la vie lors d’une intervention prenant place dans les rapides de Lachine. Quelques jours plus tard, Alexandra Lajeunesse, citoyenne de Sainte-Marthe, a eu l’idée de lui rendre un hommage bien particulier.

La jeune femme compte parmi ses amis, plusieurs pompiers, dont un qui agit comme capitaine au sein de la brigade de Trois-Rivières. « J’ai vécu dans cette municipalité pendant un an et j’ai toujours eu une sensibilité particulière face aux pompiers. Dans ma jeunesse, j’ai de nombreuses fois eu à les côtoyer, car je suis épileptique et ils intervenaient souvent auprès de moi. J’ai donc grandi dans cet environnement-là », raconte celle qui vit désormais en face de la caserne de Sainte-Marthe. 

Dès l’annonce du décès de l’homme en devoir, Alexandra est touchée, même si elle ne le connaissait pas personnellement au moment du drame. « Il était affilié à la caserne 64 et les pompiers qui intervenaient chez moi étant petite étaient ceux de la caserne 66. Aujourd’hui, j’habite à Verdun et j’ai démarré ce projet pour l’on se souvienne de M. Lacroix et de sa contribution à la communauté », ajoute celle qui s’est rendue aux funérailles et à la chapelle ardente de M.Lacroix.

Un sentier nommé en son honneur

C’est en faisant sa séance de jogging qu’Alexandra imagine le projet parfait pour rendre hommage au pompier décédé dans l’exercice de ses fonctions cet automne. « J’ai déposé un projet auprès de la Ville de Montréal pour qu’un sentier situé à proximité des lieux du drame, et qui traverse les arrondissements de Lachine, Lasalle et Verdun, porte maintenant son nom. C’est une belle façon, selon moi, de se rappeler de son nom et de son histoire. »

En plus de voir le nom du pompier Lacroix être immortalisé à jamais, Alexandra aimerait aussi qu’on appose, dans le parc situé près du sentier, une statue des quatre pompiers ayant participé à l’intervention qui a coûté la vie à M. Lacroix. « Une plaque explicative pourrait rappeler les événements et le triste sort de ce dernier afin de renseigner les citoyens et les prochaines générations. J’ai eu l’idée de ce projet après avoir réalisé que la population était insensible face à la situation. Les gens retournaient dans les rapides de Lachine à la suite du drame », mentionne-t-elle.

Elle souhaite que ce projet, s’il se concrétise, rende hommage au sapeur décédé, mais qu’il fasse aussi réaliser aux citoyens que les rapides sont dangereuses et que les risques sont réels autant pour eux que pour les intervenants qui devront les sortir de cette situation.

Des remerciements pour les pompiers

Un peu avant la mort du pompier Lacroix, Alexandra Lajeunesse s’est rendue à la caserne 66 pour remettre une plaque de remerciement aux pompiers. « Je voulais les remercier pour leur intervention à mon endroit dans le passé, mais aussi pour les remercier de veiller sur la population en ce temps de pandémie, mais aussi au quotidien. »

Enseignante dans la vie quotidienne, Alexandra Lajeunesse a aussi réussi à sensibiliser ses élèves au dévouement des pompiers. « Ils ont fait des dessins pour soutenir les proches et les collègues de Pierre dans cette dure épreuve. Aujourd’hui, ces dessins sont en partie en possession de ses proches et en partie à la caserne 64 et ça me touche de savoir qu’il en est ainsi », affirme-t-elle. 

Une belle réception de la Ville de Montréal

Comment la Ville de Montréal a-t-elle réagi face à ce projet soumis par Alexandra? « Bien, mais j’ai été surprise lorsqu’on m’a informé qu’aucun cadre législatif n’était en place pour ce type de demande. M. Lacroix n’est pas le premier pompier qui perd la vie dans l’exercice de ses fonctions. Je croyais que cette procédure existait déjà. J’ai eu une bonne écoute, mais j’ai aussi eu l’impression qu’on s’intéressait plus à l’image donnée à la Ville par le projet qu’aux raisons profondes qui motivent cette initiative », confie-t-elle. 

À la fin novembre, Mme Lajeunesse a reçu une lettre de la Ville de Montréal qui précise que le cadre législatif entourant ce type de demandes sera créé en 2022, après quoi, le projet pourra voir le jour. « De mon côté, la demande est faite auprès de la Commission de toponymie du Québec. En général, on doit attendre un an après le décès d’une personne pour que son nom soit attribué à une rue, un bâtiment, un édifice ou autre. J’espère que ce sera le cas et que le projet verra le jour en 2022 », conclut-elle.

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