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"Nous ne cherchons pas ici une politique placebo", a-t-il précisé

Solution de financement en santé: ce sera long, prévient le ministre Holland

Solution de financement en santé: ce sera long, prévient le ministre Holland
Photo: La Presse Canadienne, 2024
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Le gouvernement du Canada et ceux des provinces continuent de négocier une vision collective à long terme pour l’amélioration des soins de santé, mais entre-temps, des groupes de médecins, d’infirmières et d’autres professionnels de la santé affirment que la crise ne fait que s’aggraver au pays.

L’année dernière, la plupart des provinces ont accepté à contrecœur les termes généraux d'un accord prévoyant un versement fédéral de 46,2 milliards $ et elles sont rentrées chez elles pour préparer les négociations des subtilités de l'accord, à huis clos.

Toutefois, la véritable solution prendra du temps, a reconnu le ministre de la Santé, Mark Holland, dans une entrevue à La Presse Canadienne. "Nous ne cherchons pas ici une politique placebo", a-t-il précisé.

C'est pourquoi le gouvernement fédéral a insisté pour que les provinces émettent des promesses précises sur la façon dont elles dépenseront l'argent, ce qui prend du temps.

Au cours des 12 derniers mois, de nombreux témoignages ont fait état de patients refoulés des salles d’urgence, de personnes âgées languissant pendant des jours dans les couloirs des hôpitaux, de médecins de famille abandonnant leur cabinet et d’infirmières épuisées quittant la profession qu’elles aimaient, pourtant.

Le Dr Alan Drummond, urgentologue en Ontario et porte-parole de l'Association canadienne des médecins d'urgence, affirme que l'état des systèmes de santé du Canada a déjà coûté la vie à des personnes.

Jusqu’à présent, le gouvernement du Canada a signé quatre accords individuels avec des provinces pour un financement ciblé, à condition que les provinces précisent comment elles prévoient dépenser l’argent. L'Alberta, la Colombie-Britannique, l'Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse ont toutes étalé des promesses précises à cet effet.

D’autres discussions sont toujours en cours, bien que le Québec se soit fermement opposé à l’accord, car il l’obligerait à respecter des objectifs mesurables et le forcerait à partager des données sur la santé.

De nombreux éléments du système sont en crise, selon le ministre Holland. Selon lui, "il y a, dans les diverses juridictions, différents dirigeants qui assument différents éléments du système de santé, différentes innovations qui se produisent et un esprit d'apprentissage et d'évaluation qui est intégré."

Les discussions se déroulent principalement au niveau bureaucratique, d’après Linda Silas, présidente de la Fédération canadienne des syndicats d'infirmières et infirmiers. "Pour bien des infirmières, à part beaucoup de discussions, rien n'a changé", a-t-elle précisé. L’infirmière et son patient, qui a probablement déjà dû attendre des heures aux urgences, souhaitent que les gouvernements agissent plus rapidement.

Le gouvernement fédéral a donné aux provinces jusqu'au mois prochain pour parvenir à un accord si elles souhaitent obtenir leur part du financement. Le ministre Holland a déclaré que toutes les provinces et tous les territoires sont en mesure de les terminer avant la date limite, à l'exception peut-être du Québec.

Jusqu'à présent, les accords investissent principalement dans les soins communautaires et les provinces ont convenu de rendre les données de santé, y compris les dossiers des patients, plus compatibles à travers le Canada. 

Les représentants du domaine de la santé semblent divisés sur la question de savoir si les plans permettront de corriger ce qui ne va pas. "Je pense que la situation actuelle a placé les Canadiens dans une crise de confiance dans leur système de santé", selon le Dr Drummond. "De même, je pense qu'il y a une crise de confiance des prestataires de soins de santé envers nos dirigeants, parce que nous ne croyons pas vraiment qu'ils savent ce qu'ils font, ou qu'ils ont un plan pour nous sortir du pétrin dans lequel nous sommes actuellement."

L'Association médicale canadienne (AMC) et le Collège des médecins de famille du Canada s'inquiètent également de la perte de confiance du public. « Les Canadiens continuent de souffrir et perdent rapidement confiance en l'arrivée de changements positifs», ont déclaré les deux organismes dans un communiqué commun. "Les prestataires de soins de santé ne peuvent plus être appelés à soutenir des systèmes qui sont sur le point de s'effondrer."

Laura Osman, La Presse Canadienne

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