Référendum
Souveraineté: Rodriguez évoque «des amis» et «des membres de famille» divisés en 1995
Au lendemain du dévoilement du budget de l'an 1 d'un Québec indépendant, le lieutenant québécois du gouvernement fédéral de Justin Trudeau, Pablo Rodriguez, a insisté mardi sur «les divisions» entre amis et membres d'une même famille qu'ont créées par le passé les discussions sur la souveraineté.
«Je me souviens très bien du référendum de 1995. Les divisions que ça a créées. (...) Des membres de famille qui ne se parlent plus, des amis qui ne se parlent plus aussi. C'est mon cas d'ailleurs», a dit M. Rodriguez alors qu'il se rendait à une réunion du conseil des ministres.
Les journalistes lui demandaient sa réaction à l'exercice auquel s'est prêté le Parti québécois (PQ) de Paul St-Pierre-Plamondon.
«Revenez à 1995, ceux qui ont l'âge de revenir. En tout cas, moi je l'ai. L’acrimonie des débats, les divisions que ça a créées, les dérapages à l'occasion aussi. Est-ce qu'on veut vraiment, comme société, se replonger là-dedans?», a soutenu M. Rodriguez, aussi ministre fédéral des Transports.
Il ne «voi(t) pas le besoin» de raviver le débat sur la souveraineté du Québec, puisque, selon lui, la province «s'épanouit comme société, tant sur le plan économique que social». «Ils ont une représentation forte ici à Ottawa, 35 députés libéraux, des gens d'autres partis aussi qui (les) représentent. On a un système qui fonctionne», a plaidé le ministre.
Son collègue François-Philippe Champagne a repoussé du revers de la main l'initiative du PQ. «Je n’ai pas tellement le temps de regarder des budgets fantaisistes là. (…) Il y a tellement de choses dans le monde qui se passent. On va se focaliser sur les choses qui sont importantes pour les gens», a lancé le ministre de l'Industrie.
Sa collègue responsable de l'Agence du revenu du Canada, Marie-Claude Bibeau, a affirmé qu'«on ne reviendra pas encore sur le rapport d'impôts unique».
«S'ils le veulent unique, ça va nous faire plaisir de le faire pour eux, comme pour les autres provinces», a dit la ministre. Elle a souligné que c'est le cas pour toutes les autres provinces canadiennes.
«Ce serait une super économie pour le Québec», a-t-elle ajouté.
Le ministre de l'Environnement, Steven Guilbeault, réfute pour sa part l'idée que la lutte aux changements climatiques pourrait être plus facile dans un Québec indépendant.
«On consomme du pétrole au Québec. On en consomme 360 000 barils par jour. Ça changerait quoi dans un Québec souverain? On importerait du pétrole comme on en importe du pétrole aujourd'hui», a-t-il tranché devant les journalistes.
Le ministre de l'Approvisionnement, Jean-Yves Duclos, a aussi évoqué un certain manque de temps à son horaire pour se pencher sur le budget de l'an 1 d'un Québec indépendant. Il a soutenu avoir «plus d'intérêt à consacrer au budget de la prochaine année des familles de la classe moyenne de (sa) circonscription».
Émilie Bergeron et Michel Saba, La Presse Canadienne
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