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Le maire Laurin préfère le suffrage universel pour l'élection des préfets

Parmi les quatre Municipalités régionales de Comté(MRC), desservies par le Journal de Joliette, seulement la MRC de Montcalm utilise le suffrage universel pour le poste de préfet. Présentement, 14 MRC sur les 89 présentes au Québec utilisent le suffrage universel pour désigner leur préfet. Une situation que s'expliquent mal certains élus de la région.

La maire de la Ville de Joliette René Laurin raconte avoir déjà entrepris des démarches pour faire avancer l'idée du suffrage universel pour le poste de préfet de la MRC de Joliette. « C'est un débat que l'on a déjà eu à la MRC de Joliette il y a quelques années et j'étais d'avis que nous devions favoriser l'élection du préfet au suffrage universel, j'étais le seul de cet avis, alors ma motion a été battue», déplore René Laurin.

«Si on avait un préfet élu de cette façon-là, cela permettrait une meilleure objectivité de la part de celui qui dirige la MRC. Cela permettrait aussi d'être un meilleur médiateur entre les municipalités et la MRC lorsque la situation l'impose», ajoute le Maire Laurin.

Prévenir les conflits d'intérêts et garantir l'indépendance du préfet

Pour se prémunir contre les conflits d'intérêts et pour garantir l'indépendance du préfet, Danielle Allard et René Laurin sont d'avis qu'un préfet élu par la population qui n'est pas maire d'une municipalité, est une solution avantageuse. «Il faut un préfet qui puisse assurer un leadership fort au sein de la MRC. Il faut qu'il soit capable de parler au nom de toutes les municipalités. En ce sens, quelqu'un qui est au dessus de la mêlée est préférable», pense Mme Allard.

Le maire de Joliette évoque de son coté les possibilités de conflits d'intérêts lorsque des dossiers litigieux aboutissent dans une MRC. « Prenez juste le dossier des services d'incendies. Il y a deux services d'incendies dans la MRC de Joliette, un à Saint-Charles-Borromée et un à Joliette. M. Hénault, qui est préfet de la MRC, est aussi maire de Saint-Charles-Borromée alors s'il y avait un litige entre les deux, à propos des services des incendies, c'est le préfet qui devrait donner son avis là-dessus, mais il est également maire d'une municipalité en litige. Ce genre de choses peu aboutir à une situation de conflit d'intérêts», explique M. Laurin. « Il y a des préfets qui ne sont pas élus au suffrage universel qui réussissent à être objectifs et indépendants», soutient toutefois Mme Allard.

@Intertitre : Statut quo à la MRC de Joliette

@Titre : Pour le maire de Saint-Charles-Borromée et préfet de la MRC de Joliette André Hénault, le statu quo s'impose. «Je pense que la méthode habituelle d'élire le préfet par le conseil des maires est la meilleure, j'ai toujours été tenant de cette pratique-là», affirme André Hénault. Ce dernier croit que les maires sont les mieux placés pour décider de qui doit occuper le poste de préfet. « L'élection par ses pairs ça permet d'avoir un préfet qui est au courant et ça permet aussi de choisir quelqu'un qui est dans le monde municipal depuis un bon bout de temps. Les maires sont capables d'identifier la personne qui est en mesure de rallier les autres maires autour d'eux, ils connaissent la problématique du monde municipal et peu importe suffrage universel ou non, nous verrions les mêmes personnes occuper le poste», estime M. Hénault.

Mme Danielle Allard préfète de la MRC Montcalm et René Laurin ont quant à eux d'autres explications en ce qui concerne le statu quo sur le type d'élection nécessaire pour le poste de préfet. «Pourquoi il y a pas plus de MRC qui emboîtent le pas vers le suffrage universel pour le poste de préfet? Sûrement qu'il y a des gens en poste qui sont bien placés, qui sont là depuis longtemps et la pression est beaucoup moins forte lorsque tu as à travailler avec tes maires pour te faire élire plutôt qu'avec la population», croit Mme Allard. « Un préfet de MRC se doit de rendre des comptes aux citoyens de la MRC», juge le maire de Joliette.

Le préfet Hénault reste tout de même ouvert à l'idée de consulter la volonté populaire pour le poste de préfet. «Il est important d'être attentif aux impacts du suffrage universel dans les MRC qui élisent le préfet par le vote de la population, si les résultats sont concluants, il sera toujours temps d'aller vers cette solution», pense M. Hénault. Cependant, selon M. Hénault et le préfet de la MRC d'Autray, Gaétan Gravel, un préfet élu par la population et totalement dédier à son rôle de préfet risque d'entraîner des dépenses supplémentaires pour l'organisation des élections, pour le salaire et les frais administratifs.

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