QU'EST-CE QUI MOBILISE LES MILITANTS DU PQ ?
Ils étaient plus de 500 membres et militants du Parti Québécois, venus des six circonscriptions de Lanaudière, dans leurs congrès de comtés respectifs. Ils préparaient des résolutions sur des sujets qui leur tiennent à coeur. Tout en sachant qu'ils devront se battre pour faire adopter ces propositions au congrès régional d'abord, puis au congrès national ensuite, d'où sortira la nouvelle mouture du programme péquiste. Tout cela s'est fait avec sérieux et détermination. Mais qu'est-ce qui fait ainsi courir ces indépendantistes, été comme hiver, dans un contexte politique qui n'est pas très excitant pour l'instant ?!?
Qui sont-ils d'abord ? Il y a bien sûr de vieux militants de la première heure, qui vous parleront de la création du PQ en 1969, du MSA en 1968 et même quelques vétérans qui ont connu le RIN au début des années soixante. On comprendra qu'au fil des ans, ils sont moins nombreux. Il y a longtemps que les baby-boomers ont pris la relève et il y a de nombreuses têtes blanches dans les assemblées du PQ. D'autant plus que les jeunes (18-25 ans) ont plutôt tendance à se regrouper entre eux. Cependant, depuis 2007, constituée par la génération X, la véritable relève s'installe aux commandes. Dans Lanaudière, c'est frappant au niveau de la députation: ils ont tous moins de 50 ans et c'est leur voix qu'on entendra de plus en plus dans les années à venir.
Qu'est-ce qui branche les militants dans leur appartenance politique ? N'en doutez pas ! Le ciment premier c'est l'indépendance du Québec. Et ce ciment-là résistera au feu, à l'eau et autres vicissitudes de la vie politique, qu'elles viennent de Québec ou d'Ottawa. C'est du granit qui s'appuie, non seulement sur la fierté d'être responsable de ses affaires, de toutes ses affaires, mais aussi sur la certitude qu'on est toujours le mieux placé pour gérer et faire prospérer ce qui nous concerne, ce qui nous appartient en propre. Se laisser gouverner par une nation étrangère apparaît à tous comme un risque intolérable doublé d'une indignité et d'un renoncement collectifs insupportables.
Cependant, depuis sa création, le PQ a toujours offert aux Québécois une option de gouvernement, d'autant plus solide et crédible que les militants étaient proches de la population dans son ensemble. C'est pourquoi le PQ a toujours eu un programme politique largement issu de sa base et qui influence les dirigeants plus que dans toute autre formation politique en Amérique du Nord. Cela aussi constitue un lien puissant au sein du Parti.
On pourrait ajouter que les péquistes sont convaincus d'avoir non seulement le meilleur programme et le meilleur projet de société, mais également, les meilleures moeurs politiques. Ils revendiquent, au niveau de l'intégrité, une performance quasi impeccable. Tout le monde imagine facilement que le Parti Libéral du Québec, noyé sous un déluge de « problèmes éthiques », pour employer un euphémisme, a tout mis en oeuvre pour trouver, ne serait-ce que des petits manquements, dans la cave du Parti Québécois. Aux dernières nouvelles, ils cherchent toujours !! De fait, au PQ, il n'y a pas de collecteurs de fonds, mais des membres qui sollicitent d'autres membres, village par village, rue par rue.
Voilà pourquoi les assemblées et les délibérations du PQ sont si sérieuses et, en même temps, si emportées: parce qu'on est là pour l'amour de la nation et de la patrie, pas par ambition personnelle ou intérêts mercantiles. Et cela, les péquistes, qu'ils soient de Berthier, Joliette, L'Assomption, Masson, Rousseau ou Terrebonne, sont persuadés qu' à terme, les Québécois sauront le reconnaître et l'apprécier.
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