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11 août 2020 - 06:00

Lettre de Valérie Lepage, VP à l'APTS

« Le CISSS de Lanaudière met en péril les femmes enceintes et les personnes à risque »

Par Salle des nouvelles

Selon Valérie Lepage, travailleuse sociale et vice-présidente de l’exécutif local de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) du CISSS de Lanaudière, ce dernier mettrait en péril les femmes enceintes et les personnes à risque.

Le pire de la première vague de la COVID-19 a beau être du passé, le coronavirus est toujours bien présent. Alors que le nombre de nouveaux cas augmente à nouveau, le CISSS de Lanaudière exigerait le retour des visites à domicile, mettant ainsi en péril la santé et la sécurité des femmes enceintes et des personnes immunosupprimées ou ayant une maladie chronique.

Ces personnes ont participé depuis des mois à l’effort collectif pour soutenir les usager·ère·s d’un réseau frappé de plein fouet par une crise sans précédent.

« Comment peut-on maintenant envisager de prendre le risque d’envoyer des travailleur·euse·s au système immunitaire fragilisé dans des endroits où, disons-le, la salubrité n’est pas toujours au rendez-vous ? » s'interroge Valérie Lepage. Ces milieux de vie les exposent à des risques bien réels.

La travailleuse dénonce une « insouciance » du CISSS de Lanaudière, ainsi que l’inaction de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), responsable d’évaluer et de réduire les risques liés au travail, qui refuse de jouer pleinement son rôle de protection des travailleur·euse·s du réseau de la santé et des services sociaux (RSSS).

Des risques toujours présents

La syndicaliste se demande comment il est possible que le CISSS de Lanaudière prenne une telle décision alors que les multiples risques liés à la COVID-19 sont toujours présents.

« S’appuyer sur les recommandations de l’Institut national de santé publique (INSPQ) est loin d’être suffisant, ajoute-t-elle. Beaucoup trop de facteurs imprévisibles peuvent mettre en danger les intervenant·e·s de première ligne. Les équipements de protection individuelle sont une barrière, certes, mais pas à toute épreuve. Et les visites à domicile ne permettent pas toujours de respecter les consignes de distanciation. »

Ces professionnel·le·s de la santé et des services sociaux ont comme mandat de permettre à des personnes âgées et d’autres personnes ayant des besoins spécifiques de continuer de vivre et de s’épanouir dans la collectivité en leur offrant des soins physiques, de santé et psychosociaux lors de visites à domicile ou dans les résidences privées pour personnes âgées.

Ces personnes techniciennes en éducation spécialisées, ergothérapeutes, physiothérapeutes, techniciennes en réadaptation physique et travailleuses sociales, entre autres, effectuent des tâches souvent méconnues de la population. Elles font un travail colossal pour apporter tout le soutien nécessaire à ces usager·ère·s.

Aucun contrôle sur les visites à domicile

Selon Valérie Lepage, le CISSS de Lanaudière peut prévoir et réduire les risques dans ses propres locaux en s’assurant qu’ils soient suffisamment grands, avec une ventilation adéquate, en plus de prévoir une désinfection régulière.

Il peut même contrôler les allées et venues des gens qui entrent dans ses installations, exiger le port du masque et imposer le nettoyage des mains. Mais il n’a aucun contrôle sur les conditions dans lesquelles se déroulent les visites à domicile et dans les résidences privées pour personnes âgées.

« N’est-ce pas d’ailleurs dans une résidence de Lavaltrie que toute cette histoire a débuté? Comment les dirigeant·e·s du CISSS de Lanaudière peuvent demander aux femmes enceintes et aux personnes immunosupprimées ou ayant des maladies chroniques de leur faire confiance et de croire que « ça va bien aller »? C’est leur vie et celle de la population qui sont en jeu », conclut-elle.

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