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La Régie de l’énergie

Facture d’électricité: le Québec risque de «frapper un mur», selon trois groupes

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2 mars 2026
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Par La Presse Canadienne

La Régie de l’énergie devrait avoir plus de pouvoir pour surveiller Hydro-Québec. Autrement, la facture de ses clients risque d’être salée, craignent trois associations qui représentent les consommateurs résidentiels, les PME et les grands industriels.

Option consommateurs, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) et l’Association québécoise des consommateurs industriels d’électricité (AQCIE) font cette mise en garde commune au moment où Hydro-Québec mène un programme d’investissements majeurs.

La société d’État prévoit déployer près de 200 milliards $ d’ici 2035 afin d’accroître sa production et améliorer la fiabilité de son réseau.

Sans une surveillance accrue, les nombreux chantiers d’Hydro-Québec pourraient faire bondir les coûts de l’électricité au Québec, selon les trois associations.

«Sinon, on peut se retrouver avec des décisions qui vont nous mener vis-à-vis un mur dans les prochaines années», prévient le directeur général d’Option consommateurs, Christian Corbeil, en entrevue.

Il faut donner plus de dents à la Régie rapidement, abonde le vice-président pour le Québec de la FCEI, François Vincent, au cours du même entretien.

«Ce n'est pas quand les tarifs vont être hors contrôle, que ça va être le temps d'agir et de réformer le cadre énergétique, prévient-il. Il va y avoir des dépenses et des investissements majeurs qui vont faire des pressions sur tout le monde.»

Le «meilleur gage de protection»

Le gouvernement Legault a affaibli le rôle de la Régie, déplorent les trois associations qui font front commun.

La Régie serait le «meilleur gage de protection» pour toutes les catégories de clients du monopole qu’est Hydro-Québec, juge le président de l’AQCIE, Jocelyn Allard.

«Ça prend un organisme comme la Régie qui vient s'assurer qu'on n'exagère pas, que les dépenses, les investissements, les coûts qui vont être absorbés par la clientèle soient raisonnables, utiles, insiste M. Allard. C'est ça le rôle de la Régie. Ça a fonctionné.»

Les trois groupes s’opposent à la décision d’effectuer la révision tarifaire aux trois ans, plutôt qu’annuellement.

«Chaque année, (la Régie) se permettait de vérifier et de s'assurer de certains aspects des demandes d’Hydro-Québec, souligne M. Allard. C'est pour ça que c'est utile.»

Le milieu des affaires a plus d’une fois dénoncé l’intervention du gouvernement Legault dans le mécanisme de détermination des tarifs d’électricité.

Québec a plafonné l’augmentation des tarifs résidentiels à 3 %. Les entreprises, pour leur part, devront payer davantage lorsqu’Hydro-Québec aura besoin d’une hausse plus importante pour éponger l’augmentation de ses coûts.

D’ailleurs, Hydro-Québec demande à la Régie de lui accorder une hausse de 3 % pour les ménages au cours des années 2026, 2027 et 2028. La société d’État réclame une hausse plus élevée pour les entreprises et les institutions, soit de 4,8 %.

Bien que les hausses soient plafonnées pour les clients résidentiels, Option consommateurs voit aussi d’un mauvais œil l’intervention gouvernementale dans ce dossier.

«Le 3 %, c'est très arbitraire, estime M. Corbeil. Il faut se rappeler que c'était un décret du gouvernement. Le prochain gouvernement pourrait décider de ne pas appliquer le décret.»

En plafonnant les tarifs de tous les clients résidentiels, le gouvernement ratisse trop large, selon lui. «Ce n’est pas la personne qui a une grosse piscine ou qui a une grosse maison, qui a besoin (du plafond).»

Les trois associations suggèrent plutôt d’ajouter une composante «énergie» au crédit d’impôt pour solidarité. La mesure serait mieux ciblée et peu coûteuse, selon les trois associations.

Elles estiment que le coût de cette proposition serait de 44 millions $ pour une aide équivalente à 1 % de la facture d’électricité des ménages moins nantis, une façon d’atténuer la hausse des tarifs.

Stéphane Rolland, La Presse Canadienne

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