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Hausse du salaire minimum

Des employeurs vont au-dessus du salaire minimum pour attirer des travailleurs

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18 avril 2023
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Par La Presse Canadienne

Le salaire minimum franchira la barre symbolique du 15 $ l'heure dans moins de deux semaines au Québec, mais déjà, de nombreuses entreprises doivent fixer leur propre salaire minimum à un niveau beaucoup plus élevé pour espérer recruter les denrées rares que sont devenues les personnes disponibles sur le marché du travail.

En marge du Salon de l’emploi et de la formation continue, qui se tiendra mercredi et jeudi au Palais des congrès de Montréal, un sondage maison réalisé par les organisateurs de l'événement a révélé que de nombreuses entreprises seront ouvertes à offrir des salaires beaucoup plus attrayants à des employés qui gagnaient autrefois le salaire minimum afin de les convaincre de rejoindre leurs rangs.

Dans certains cas, le salaire affiché pourrait même être de 5 $ à 7 $ plus élevé que le 15,25 $ qui sera obligatoire dès le 1er mai au Québec.

«On a beaucoup entendu certaines entreprises qui disent que ça va leur faire mal, mais ce qu'on constate avec le sondage, c'est qu'il y a certaines entreprises qui non seulement vont accueillir cette hausse, mais qui vont même aller plus loin», a expliqué le directeur de L’Événement Carrières, Éric Boutié, en entrevue avec La Presse Canadienne.

«Le sondage interne qu'on a réalisé auprès de nos exposants a démontré que quasiment 30 % des employeurs allaient offrir de 5 $ à 7 $ de plus que le salaire minimum qui va rentrer en vigueur le 1er mai. Je comprends à travers ce résultat que les entreprises ont de la difficulté à attirer de la main-d'œuvre et que l'un des arguments pour les attirer, c'est le salaire.»

Selon M. Boutié, il est donc clair que «maintenant, le salaire minimum n'est plus suffisant — et est loin d'être suffisant — pour attirer des ressources humaines, même pour des emplois non spécialisés».

D'autres entreprises pourraient plutôt miser sur leurs conditions de travail, en offrant du télétravail, des congés plus imposants ou des avantages sociaux, mais «le salaire, c'est sûr que c'est un des outils en haut de la liste».

«Même pour des emplois non spécialisés, qui ne requièrent pas forcément de formation ou de diplôme, je pense qu'il y a aussi une inflation qui est vraiment importante depuis plusieurs mois et qui se répercute sur les salaires», a affirmé M. Boutié.

16 000 emplois disponibles

Lors du Salon de l’emploi et de la formation continue, plus de 300 employeurs s'arracheront les talents disponibles pour venir combler leurs besoins en main-d'œuvre.

Et des besoins, il y en a.

Seulement lors des deux jours de l'événement, 16 000 emplois seront offerts aux participants, qui pourront venir rencontrer les employeurs et présenter leur candidature, le tout gratuitement. Ce chiffre a d'ailleurs quintuplé par rapport à ce qu'il était en 2018, selon les organisateurs.

Bien sûr, l'événement en soi a pris de l'ampleur par rapport à il y a cinq ans, a reconnu M. Boutié, mais cette forte augmentation du nombre de postes offerts démontre aussi l'évolution du marché de l'emploi au Québec, selon lui.

«Proportionnellement, on a beaucoup plus d'emplois à pourvoir. Même l'année dernière, on était plus autour de 10 000 ou 12 000 emplois», a-t-il souligné.

«On a de gros joueurs qui seront présents — Airbus, la Banque Nationale, le gouvernement du Québec —, donc ce sont des entreprises qui ont beaucoup d'emplois à combler. Ça vient un peu gonfler les chiffres, mais c'est une réalité: il y a beaucoup de postes à combler en ce moment au Québec.»

Selon M. Boutié, tout le monde y trouvera son compte au salon: des jeunes qui sortent de l'école aux travailleurs qui veulent se requalifier, en passant par les nouveaux arrivants.

«Le salon sera subdivisé en thématiques, donc on aura les pavillons pour l'aérospatiale, le manufacturier, l'agroalimentaire, le commerce de détail, la restauration, l'hôtellerie, etc. On a quasiment tous les secteurs de l'industrie qui seront représentés au salon à travers ces pavillons thématiques», a-t-il mentionné.

Mathieu Paquette, La Presse Canadienne

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