Refuseriez-vous un demi-million de dollars?
On observe depuis quelques années une amélioration des taux de diplomation au secondaire, ainsi qu’une diminution des taux de décrochage. Néanmoins, en 2011 dans Lanaudière, quelque 47 125 individus de 25 à 64 ans n’avaient aucun diplôme, soit 17,9 % de la population totale de la région. C’est donc près d’un adulte sur cinq de cette tranche d’âge qui a potentiellement refusé son demi-million de dollars.
Un diplôme, c’est payant!
Dans une récente analyse, l’économiste Pierre Fortin démontre que l’« obtention d’un premier diplôme en 2016 devrait ajouter environ 500 000 dollars constants de 2016 au revenu du diplômé sur l’ensemble de sa vie active ». Évidemment, ce montant peut varier selon l’âge d’obtention du fameux diplôme. Au Québec, 22,3 % des élèves entrés au secondaire à 12 ans en 2007 n’avaient toujours pas obtenu de diplôme en 2014, à 19 ans. Or, deux ans plus tard, on sait que le taux de Québécois dans la trentaine sans diplôme tourne autour de 8 %, laissant croire à un raccrochage important chez les jeunes adultes décrocheurs.
Pierre Fortin fait également la démonstration qu’en abaissant « de façon permanente à 6 % le taux final de sans-diplôme du Québec, qui est présentement de 9 %, on procurerait aux 2700 diplômés annuels supplémentaires un gain collectif de revenu pouvant atteindre 1,75 à 2 milliards de dollars à long terme ». Évidemment, ces revenus entreraient dans la poche des plus démunis et permettraient à tous de vivre dans une communauté plus équitable, dont l’économie et les services publics seraient largement avantagés.
Parlant d’avantages…
Il n’y a pas que le revenu collectif et individuel qui subisse l’influence positive du niveau de scolarité. « En 2015, 58 % des Québécois de 25 à 64 ans qui n’avaient pas de diplôme occupaient un emploi », alors que « 77 % des détenteurs de DES ou de l’équivalent en avaient un ». Les diplômés sont moins nombreux à recourir au chômage, ont une plus grande espérance de vie et présentent un risque moins élevé de souffrir de dépression à l’âge adulte ou de faire partie de la population carcérale (Groupe d’action sur la persévérance et la réussite scolaires au Québec, 2009).
Et ces riches et célèbres décrocheurs…
En introduction, nous mentionnons que ces adultes ont « potentiellement » refusé leur demi million de dollars. Il y a bien sûr une infime quantité d’adultes qui gagnent bien leur vie sans avoir un seul diplôme ni certificat en poche, des gens qui ont un talent ou un entourage tellement extraordinaire qu’ils ont pu arriver où ils sont malgré leur décrochage scolaire. Avouons-le, leur destin est aussi exceptionnel qu’inatteignable pour la très grande majorité d’entre nous. Alors, que nous reste-t-il donc? L’école et la persévérance, qui sont et demeureront la meilleure voie pour atteindre nos buts, nous épanouir et… toucher notre demi million de dollars!
Référence : FORTIN, Pierre (2016). L’obtention d’un diplôme d’études secondaires rapporte un demi-million de dollars au diplômé.
Rédaction: Comité régional pour la valorisation de l’éducation (CREVALE)
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