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Un diplomate américain revient sur la solidarité du Canada après le 11 septembre

Un diplomate américain revient sur la solidarité du Canada après le 11 septembre
Photo: La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Le diplomate américain Baxter Hunt se souvient s'être rendu à son travail à l'ambassade des États-Unis à Ottawa le lendemain matin des attentats terroristes du 11 septembre et avoir découvert «une montagne de fleurs» devant le bâtiment.

«C'était tout simplement une journée que personne d'entre nous n'oubliera jamais», a déclaré M. Hunt, aujourd'hui consul général des États-Unis à Toronto. «Ce qui m'a également marqué, c'est l'élan de solidarité dont nous avons bénéficié de la part des Canadiens.»

Ce vendredi marquera le 25e anniversaire du jour où près de 3000 personnes ont perdu la vie aux États-Unis lorsque des membres d’Al-Qaïda ont précipité des avions sur le World Trade Center à New York, puis sur le Pentagone et dans un champ en Pennsylvanie.

Dans les jours qui ont suivi, M. Hunt a été témoin de nombreuses autres manifestations de compassion et de soutien de la part des Canadiens envers un pays en deuil.

Trois jours après l’attaque, 80 000 personnes se sont rassemblées sur la colline du Parlement à l’occasion d’une journée nationale de deuil, selon une estimation de la Gendarmerie royale du Canada rapportée par La Presse Canadienne cette semaine-là.

«Par leur élan de sollicitude, de sympathie et d’aide, les sentiments et les gestes des Canadiens ont été sans équivoque», a déclaré à la foule le premier ministre de l’époque, Jean Chrétien.

«Et même si nous pleurons nos propres pertes, le message qu’ils adressent au peuple américain est tout aussi clair: ne désespérez pas. Vous n’êtes pas seuls. Nous sommes avec vous. Le monde entier est avec vous.»

Des moments de silence similaires ont eu lieu dans les assemblées législatives provinciales et même au cœur du secteur financier canadien, sur Bay Street, à Toronto. Il s’agissait de la première journée de deuil officielle au Canada depuis 30 ans.

Le jour des attentats, la ville de Gander, à Terre-Neuve, a accueilli 38 avions de ligne transportant plus de 6500 voyageurs après la fermeture de l’espace aérien américain par les autorités.

«Un incroyable élan de compassion de la part de ces gens envers de parfaits inconnus qui avaient besoin d’eux à ce moment-là, a affirmé M. Hunt. Il y a également eu de très nombreux passagers bloqués qui se sont rendus dans d’autres villes du Canada, environ 33 000, si j’ai bien compris.»

M. Hunt n’a pas manqué de mentionner les 24 Canadiens qui ont perdu la vie lors des attentats, aux côtés d’autres victimes non américaines.

L'importance de «travailler ensemble»

Alors âgé de 38 ans, M. Hunt occupait le poste d’attaché politico-militaire à l’ambassade le 11 septembre 2001. Les diplomates américains «se sont naturellement associés» aux forces de l’ordre et aux responsables militaires canadiens pour identifier les menaces, a-t-il expliqué.

«Au départ, personne ne savait exactement ce qui pouvait encore se passer. Et nous voulions nous assurer que nous n’étions pas vulnérables à d’autres attaques, a détaillé M. Hunt. La réaction des Canadiens au moment où nous en avions le plus besoin a été incroyable.»

Les deux pays ont harmonisé les mesures de sécurité dans les aéroports. Les alliés ont mis en place des patrouilles aériennes autour des États-Unis. L’alliance militaire de l’OTAN a invoqué pour la première fois sa clause de sécurité collective, envoyant des troupes canadiennes et alliées combattre les talibans en Afghanistan. Cette guerre a duré plus de 10 ans et 165 Canadiens (158 soldats et sept civils) ont perdu la vie dans ce conflit.

«Cet événement a marqué un tournant dans notre perception des menaces à l’échelle mondiale; il s’agissait d’un incident survenu sur notre propre territoire, ce que nous n’avions vraiment jamais connu auparavant», a déclaré M. Hunt.

«Cela n’a fait que renforcer la nécessité pour nous de travailler ensemble.»

M. Hunt s’est entretenu avec La Presse Canadienne peu avant l’échec des négociations commerciales à Washington. Le premier ministre Mark Carney a accusé les États-Unis de mener une «guerre» économique contre leur ancien allié, et le président américain Donald Trump rebaptisé le lac Ontario «Lake America».

M. Hunt a soutenu que l’héritage du 11 septembre se reflète dans la profondeur des liens entre Canadiens et Américains, malgré les hauts et les bas des relations bilatérales.

«C’est quelque chose que nous avons clairement constaté après les attentats du 11 septembre. Les gens avaient simplement le sentiment que ces personnes étaient nos amis et nos voisins, et que nous formions une grande famille nord-américaine. Et cela s’est vraiment manifesté. C’est quelque chose qui, je crois, reste très fort aujourd’hui», a-t-il affirmé.

«C’est bien de s’en souvenir à l’approche du 25e anniversaire, et d’être reconnaissants d’entretenir cette relation si étroite.»

Des événements de commémoration

Le consulat de Toronto organise ce mois-ci plusieurs événements pour commémorer cet anniversaire.

On compte parmi eux une exposition en cours dans un centre d’art de Toronto, présentant des dessins à la plume et à l’encre de l’artiste torontois John Coburn, qui se trouvait à New York après les attentats. M. Hunt a rapporté que l’exposition comprenait des animations interactives avec des étudiants locaux, dont beaucoup sont nés après les attentats.

Le vendredi de l’anniversaire, le consulat organisera un événement dans ce même centre d’art, réunissant des premiers répondants et des représentants du gouvernement pour rendre hommage aux victimes. Maureen Basnicki, dont le mari Ken a été tué au World Trade Center, prendra la parole lors de cet événement.

M. Hunt ouvrira la Bourse de Toronto ce jour-là afin de commémorer les liens qui unissent la ville à New York. Il se rendra également jeudi sur une allée commémorative à St. Catharines, en Ontario.

Dylan Robertson, La Presse Canadienne