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McGill: une technique pour créer des caillots plus efficaces, plus rapidement

durée 10h23
12 mai 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Une méthode mise au point par des chercheurs de l'Université McGill permet la formation rapide de caillots sanguins capables de stopper les hémorragies graves et d’amener une cicatrisation plus efficace des tissus.

Cela pourrait un jour permettre, par exemple, d'aider des patients aux prises avec des troubles de la coagulation ou encore de colmater plus rapidement et plus efficacement les hémorragies difficiles d'accès, a dit le docteur Oliver Ying Zhan.

«Nous essayons de mettre au point une stratégie permettant à ces globules rouges modifiés de se diriger vers l'endroit où ils doivent aller pour arrêter l'hémorragie en cours, a dit le docteur Zhan.

«En d'autres termes, imaginez que ces cellules sanguines modifiées circulent dans l'organisme : si je me coupe quelque part, elles se dirigeront automatiquement vers la coupure, formeront un caillot et arrêteront ainsi l'hémorragie.»

La méthode développée par le docteur Zhan et ses collègues permet de lier entre elles, par une réaction chimique, les protéines de surface des globules rouges, a-t-on expliqué par voie de communiqué. Il en résulte un caillot biocompatible 13 fois plus résistant à la rupture et quatre fois plus adhérent que les caillots sanguins naturels.

Le caillot artificiel ne prend que quelques secondes ou quelques minutes à se former. Le gel artificiel à base de cellules, appelé «cytogel», peut ensuite être ajouté au sang total, puis s’intégrer au caillot de fibrine produit par l’organisme.

C'est une des premières fois où on réussit à créer un cytogel dont l'intégrité structurelle n'est pas affaiblie par l'ajout de cellules. Et puisque le caillot artificiel est beaucoup plus robuste et plus adhérent qu'un caillot naturel, il n'y a aucun risque d'embolie ou d'accident vasculaire cérébral, a assuré le docteur Zhan.

«C'est essentiellement du sang qui se coagule de façon normale, mais on a ajouté de l'acide hyaluronique qui réagit avec les électrocytes pour former un caillot qui est environ dix fois plus robuste mécaniquement et qui adhère trois à six fois plus fort sur les différentes surfaces biologiques», a-t-il détaillé.

Le produit comporte aussi des propriétés régénératives en raison de l'inclusion de facteurs de croissance qu'on retrouve naturellement dans le sang, a dit le docteur Zhan.

La méthode permet de créer des caillots aussi bien à partir du sang du patient qu'à partir de celui d'un donneur.

«Des études in vivo démontrent que les (caillots sanguins artificiels) peuvent rapidement stopper les hémorragies, favoriser la régénération tissulaire, atténuer l'inflammation et les réactions aux corps étrangers, et prévenir les adhérences postopératoires», écrivent ainsi les auteurs de l'étude.

Cette stratégie, assurent-ils, serait «applicable à toute une gamme de cellules et de polymères».

«Ces travaux pourraient encourager le développement et la mise en application de matériaux hautement cellulaires destinés au contrôle des hémorragies, à la prise en charge des plaies, à la réparation tissulaire et à la médecine régénérative», prédisent les chercheurs.

Par exemple, en ce qui concerne la cicatrisation et la régénérescence du foie lésé, «la technique s’est révélée plus efficace que le produit utilisé en milieu clinique et ayant servi d’agent de comparaison dans l’étude», a-t-on indiqué. On a aussi noté «la présence de signes minimes de réactivité immunitaire et l’absence de toxicité dans les principaux organes».

Les conclusions de cette étude ont été publiées par la prestigieuse revue scientifique Nature.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne