Les médecins spécialistes entament une nouvelle ronde de moyens de pression

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Par La Presse Canadienne, 2026
QUÉBEC — La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) entame de nouveaux moyens de pression pour faire «débloquer» les pourparlers avec le gouvernement.
Les délégués des 36 associations affiliées à la FMSQ, et les membres du conseil d'administration de la fédération, ont adopté un «plan d'action» jeudi soir lors d'une assemblée spéciale.
En plus de cesser les formations liées au Dossier santé numérique, les médecins spécialistes arrêteront dès aujourd'hui de participer aux activités médico-administratives.
Ils cesseront aussi, dans un avenir prochain, d'offrir des rendez-vous par le biais des Centres de répartition des demandes de service (CRDS).
Les CRDS sont les guichets d'accès aux spécialistes qui traitent les requêtes des médecins de famille et des infirmières praticiennes spécialisées de première ligne.
Les consultations seront plutôt offertes «par des mécanismes alternatifs» aux CRDS, a indiqué le président de la FMSQ, le Dr Vincent Oliva, dans une note envoyée à ses membres vendredi.
«Notre patience est à bout, écrit-il. Pour améliorer l'accès aux soins spécialisés, il faut donner aux médecins les moyens adéquats d'effectuer leur travail. La médecine spécialisée doit être valorisée.
«Nos demandes au gouvernement sont raisonnables et dépassent la seule question de la rémunération.
«Elles visent des éléments essentiels, (comme) l'organisation du réseau de la santé, le soutien aux régions et le financement des cabinets et cliniques spécialisés», ajoute-t-il.
Mercredi, le premier ministre François Legault affirmait que la hausse de rémunération réclamée par la FMSQ n'était «vraiment pas raisonnable».
Sa présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, a également affirmé que la question de la rémunération est «le gros du sujet» dans la négociation avec les spécialistes.
Québec offre aux médecins spécialistes d’augmenter de 11 % leur rémunération, alors que leur fédération réclame une hausse de 14,5 %, ce qui inclurait les bonis pour l'atteinte de cibles.
Rappelons que le gouvernement a récemment accordé une augmentation de 14,5 % aux médecins de famille, en plus d'une prime de 2,5 % s'ils atteignent des objectifs de prise en charge.
Or, il compte maintenir un «écart» entre les deux professions pour rendre la médecine familiale plus attrayante, a souligné Mme Duranceau.
«Ce n'est pas raisonnable, ce qu'ils demandent les médecins spécialistes comme augmentation de salaire, vraiment pas raisonnable», a dénoncé M. Legault.
Vendredi, le gouvernement n'a pas souhaité commenter les nouveaux moyens de pression.
«Il s'agit du choix de la FMSQ d'en faire usage», ont affirmé les cabinets de Mme Duranceau et de la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, dans une déclaration écrite.
«Notre objectif demeure d'améliorer l'accès des Québécois aux soins de santé et les discussions doivent se faire à la table», ont-ils ajouté.
L'accord-cadre avec les médecins spécialistes est échu depuis le 31 mars 2023.
Caroline Plante, La Presse Canadienne