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Les infirmières de l'Ontario intentent un recours pour obtenir un droit de grève

durée 22h08
11 mai 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

2 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

TORONTO — L'Association des infirmières et infirmiers de l'Ontario intente une action en inconstitutionnalité contre une loi qui leur interdit toute forme de grève pendant le processus de négociation, une initiative que les hôpitaux jugent extrêmement préoccupante.

Les infirmières affirment que la Loi sur l'arbitrage des conflits de travail dans les hôpitaux est l'une des plus restrictives de ce type au Canada, interdisant non seulement les grèves générales, mais aussi d'autres formes d'actions syndicales.

«Depuis des décennies, (cette loi) prive les infirmières et les professionnels de la santé de l’Ontario de leurs droits constitutionnels fondamentaux et a créé un système dans lequel les employeurs contournent systématiquement toute négociation collective significative», a déclaré la présidente de l’association, Erin Ariss, lors d’une conférence de presse.

«Au lieu de cela, les employeurs se sont appuyés sur des arbitres pour imposer des conventions qui renforcent le statu quo et ne parviennent jamais à résoudre des problèmes systémiques critiques, tels que l’égalité salariale et le manque de personnel.»

Les soins essentiels peuvent être maintenus pendant que les infirmières mènent des actions syndicales, a déclaré l’association.

Danielle Bisnar, avocate de l’ONA, a relevé qu’il existe de nombreux autres modèles autorisant une forme ou une autre de grève dans la plupart des autres juridictions au Canada et à travers le monde.

«L'Ontario est une anomalie», a déclaré Mme Bisnar.

«Cette idée selon laquelle les grèves sont dangereuses, insoutenables ou impossibles sans compromettre les soins aux patients est tout simplement fausse, car il existe de nombreux autres modèles qui fonctionnent et autorisent les actions syndicales pour les travailleurs de la santé.»

Les infirmières de la Colombie-Britannique ont procédé lundi à un vote de grève.

L’Association des hôpitaux de l’Ontario a exhorté l’ONA à renoncer à ce qu’elle a qualifié de «contestation imprudente d’une législation qui protège les patients contre des risques inutiles».

«Les patients ne choisissent pas quand ils ont besoin de soins, et les hôpitaux doivent toujours être là pour eux», a écrit Kirk LeMessurier, responsable de la communication et des affaires publiques à l’OHA, dans un communiqué.

«Toute action ouvrant la voie à une perturbation du travail, quelle qu’en soit l’ampleur, dans les hôpitaux met les patients en danger.»

La ministre de la Santé, Sylvia Jones, n’a pas souhaité commenter cette contestation judiciaire, mais a affirmé que le gouvernement accordait une grande importance aux infirmières.

Mme Ariss a déclaré qu’une convention collective pour les infirmières hospitalières conclue l’année dernière à l’issue d’un arbitrage avait constitué le «point de basculement».

L’arbitre a accordé aux infirmières hospitalières des augmentations salariales de 5,25 % sur deux ans, mais le syndicat a été déçu que la question des effectifs minimaux, qu’il considère comme sa principale préoccupation, n’ait pas été abordée.

Allison Jones, La Presse Canadienne