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Les électeurs se rendront aux urnes lundi dans trois circonscriptions fédérales

Les électeurs se rendront aux urnes lundi dans trois circonscriptions fédérales
Photo: La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Les électeurs ont rendez-vous lundi avec les urnes dans trois circonscriptions fédérales situées au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique.

Les circonscriptions de l'Ontario et de la Colombie-Britannique sont considérées comme des bastions libéraux. Elles étaient toutes deux détenues par d'anciens ministres.

Mais au Québec, dans un comté remporté quatre fois d'affilée par les conservateurs, les résultats pourraient être plus serrés.

Plaçons une loupe sur ces trois circonscriptions.

Chicoutimi-Le Fjord

Cette circonscription québécoise, située dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, avait donné lieu à une course serrée lors des élections de 2025.

Le conservateur Richard Martel, personnalité très populaire dans cette région, avait enlevé la victoire en devançant le bloquiste Marc St-Hilaire par 1499 voix et le libéral Stéphane Proulx par 1536 voix. Aucun autre candidat n’avait obtenu plus de 1000 voix.

Ce printemps, M. Martel est devenu le cinquième député à quitter le groupe parlementaire conservateur après avoir accepté une nomination au Sénat.

Daniel Gobeil, ancien président des Producteurs laitiers du Québec, se présente sous la bannière du Parti libéral. Il affronte notamment la bloquiste Caroline Dubé et le conservateur Régis Gaudreault.

Beaches-East York

L’avenir politique de Nate Erskine-Smith reste incertain. Il a renoncé à se présenter à nouveau dans cette circonscription de la région de Toronto.

Élu une première fois en 2015, M. Erskine-Smith, dont le franc-parler était redoutable, a brièvement occupé le poste de ministre. Il avait démissionné pour se présenter à la course à la direction du Parti libéral de l’Ontario. Il y a renoncé après avoir échoué à remporter l’investiture du parti dans le comté de Scarborough-Sud-Ouest, plus tôt cette année.

Son ancien directeur de bureau de circonscription, Tanveer Shahnawaz, tentera de lui succéder. Il aura pour adversaires la néo-démocrate Shannon Devine et le conservateur Jim Sybros.

En 2015, M. Erskine-Smith avait remporté la victoire en obtenant plus de 67 % des voix.

North Vancouver-Capilano

Jonathan Wilkinson, un ancien ministre de Justin Trudeau, avait démissionné de son poste de député après avoir été nommé ambassadeur auprès de l’Union européenne.

En avril 2025, il avait obtenu près de 60 % des voix dans cette circonscription de Colombie-Britannique.

Pour lui succéder, les libéraux ont fait appel à un ancien conseiller de haut rang du premier ministre: Braeden Caley était le chef de cabinet adjoint de Mark Carney.

Le candidat conservateur Stephen Curran, qui se présente à nouveau, avait terminé deuxième du scrutin en 2015, recueillant un tiers des suffrages. Il a déjà attaqué son adversaire sur les réseaux sociaux, lui reprochant son manque de lien avec la collectivité.

Stephen Tweedale se présentera sous les couleurs du NPD, qui n’avait obtenu qu’un peu plus de 4 % des suffrages.

L'effet Trump

Selon Daniel Béland, professeur de sciences politiques à l'université McGill, le scrutin de Chicoutimi-Le Fjord sera à surveiller de près lundi.

La région du Saguenay, au Québec, a été particulièrement touchée par les droits de douane imposés par le président américain Donald Trump: c'est une importante région productrice d'aluminium et de produits forestiers, qui compte un nombre significatif d'éleveurs laitiers qui se sont retrouvés dans la ligne de mire de cette guerre commerciale en raison de l'irritation des Américains face au système canadien de gestion de l'offre.

Et pourtant, il semble que la décision de Mark Carney de se retirer des négociations n’ait pas nui au gouvernement fédéral au Québec.

«Donald Trump est extrêmement impopulaire au Québec, et je pense que la plupart des Québécois croient à l’explication de Mark Carney selon laquelle les Américains en demandaient trop», souligne M. Béland.

Un sondage réalisé par l’Institut Angus Reid après la fin des négociations commerciales le week-end dernier laisse entendre que les trois quarts des Canadiens pensent que le gouvernement a pris la bonne décision en se retirant — et ce chiffre s’élève à 85% au Québec.

Shachi Kurl, présidente de l’Institut Angus Reid, croit que cela pourrait avoir une incidence sur les résultats de l’élection partielle.

«S'il y a un impact, ce qui est fort probable, celui-ci aura plus de chances d'être favorable (aux libéraux) que défavorable», a-t-elle déclaré.

M. Béland a déclaré que si le Bloc ou les libéraux remportaient la victoire à Chicoutimi-Le Fjord, ce serait une mauvaise nouvelle de plus pour le chef conservateur Pierre Poilievre.

«Si les conservateurs terminent vraiment, disons, à une lointaine troisième place dans cette circonscription, cela renforcera l’idée selon laquelle le leadership de Pierre Poilievre n’aide pas le parti», a-t-il déclaré, tout en ajoutant que la popularité personnelle de M. Martel l’avait probablement aidé à remporter lors du dernier scrutin.

Les enjeux sont également moins importants que lors des précédentes élections partielles. En avril, les libéraux ont consolidé leur majorité de 174 sièges à la Chambre des communes en remportant 3 élections partielles et en convainquant 5 députés de l’opposition de changer de camp.

Dimanche, six sièges étaient vacants à la Chambre. Les libéraux conservent la majorité, avec 171 députés, tandis que les conservateurs en comptent 139, le Bloc 21 et le NPD 5. La présidente du Parti vert, Elizabeth May, reste la seule représentante de son parti.

Lundi, trois de ces six sièges seront pourvus, et des élections partielles devront encore être organisées dans trois autres circonscriptions au cours des prochains mois.

Sarah Ritchie, La Presse Canadienne