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Le tiers des Québécois exposés à de la publicité sur le cannabis, selon une étude

durée 15h29
14 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Environ le tiers des Québécois disent avoir été exposés à des messages publicitaires ou de la promotion pour du cannabis au cours de la dernière année, alors que ces pratiques sont fortement encadrées et même interdites dans plusieurs cas au Québec.

C'est l'un des constats qui ressort de l'enquête annuelle de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ) sur les habitudes face au cannabis. Le rapport publié mardi vient compléter les données diffusées l'automne dernier confirmant une tendance à la baisse de la consommation.

Chez les quelque 15 100 personnes âgées de 15 ans et plus interrogées dans le cadre de cette étude, 34 % ont affirmé avoir vu ou entendu des annonces publicitaires ou des promotions commerciales (rabais, nouveaux produits ou infopublicités) pour du cannabis au cours des 12 derniers mois.

L'exposition la plus élevée a été notée chez les 15-17 et les 18-20 ans, dans une proportion de 52 et 49 % respectivement.

Les messages publicitaires concernant le cannabis ont surtout été aperçus sur les médias sociaux (18,2 %). Cette proportion est également plus grande chez les 15 à 17 et les 18 à 20 ans (39 et 36 %).

Le deuxième contexte le plus cité est les magasins vendant du cannabis ou des accessoires (14 %), arrivent ensuite la télévision ou la radio (12,4 %) et les sites web (10,7 %).

L'ISQ précise que, dans le cas de la télévision, «il existe une probabilité que certaines personnes» aient pu confondre messages de prévention et messages publicitaires, «et ce, parce qu’il s’agit d’un message diffusé à la télévision lors d’une pause publicitaire». Une confusion qui aurait pu avoir lieu aussi dans d’autres contextes d’exposition, mentionne l'organisme.

Appel à «une réflexion approfondie»

La Loi encadrant le cannabis prévoit des dispositions en matière de publicité et de promotion, et dans la majorité des situations au Québec, une interdiction s'applique, rappelle l'ISQ.

L'institut arrive toutefois à la conclusion que «les annonces publicitaires ou des promotions commerciales pour du cannabis rejoignent la population québécoise plus largement que ce qui est prévu dans la Loi».

L'institut souligne notamment «qu’il existe de réels enjeux quant à l’application des restrictions de promotion sur Internet». En 2021, le rapport sur la mise en oeuvre de la législation encadrant le cannabis évoquait que « les capacités d’inspection actuelles permettent de façon limitée la surveillance des activités de promotion se déroulant sur Internet», cite l'ISQ.

Selon ce dernier, les résultats de son enquête «appellent certainement à une réflexion approfondie sur le sujet», alors que l’efficacité de l’influence du marketing en matière de consommation de substances a fait ses preuves.

D'ailleurs, l'enquête de l'ISQ indique que «les personnes ayant consommé du cannabis au cours de la dernière année sont proportionnellement plus nombreuses (44 %) à avoir vu ou entendu des messages publicitaires que les personnes n’ayant jamais consommé (33 %) ou que celles ayant consommé au cours de leur vie, mais pas au cours des 12 derniers mois (32 %)».

Cette proportion grimpe à 51 % chez les personnes disant avoir consommé du cannabis quotidiennement au cours de la dernière année, contre 41 % pour celles ayant eu une consommation occasionnelle.

Le portrait publié mardi fait suite à la diffusion de certains chiffres en octobre dernier. L'ISQ y révélait notamment que la consommation de cannabis suit une tendance à la baisse depuis 2021 au Québec.

En 2025, 17 % des Québécois avaient consommé du cannabis. Un taux qui reste tout de même plus élevé que celui d'avant la légalisation, qui s'élevait à 14 % en 2018.

L'enquête montre également une hausse du vapotage du cannabis chez les 15 à 20 ans depuis 2019. Cette méthode a été utilisée chez 64 % de ces jeunes consommateurs, contre 24 % en 2019.

Le fait de fumer le cannabis reste néanmoins la méthode la plus répandue chez l'ensemble des personnes consommatrices de cette substance, s'élevant à 79 %, alors que la proportion pour le vapotage est de près de 28 %.

Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne