Le Canada milite en faveur de la sécurité et de l'équité de l'IA à l'ONU

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Par La Presse Canadienne, 2026
OTTAWA — Le Canada milite en faveur d'une adoption sûre et équitable de l'intelligence artificielle (IA) au sein des Nations unies, selon l'ambassadeur d'Ottawa, qui affirme que l'IA constitue une priorité majeure pour son équipe.
«La gouvernance de l’IA est une mission qui incombe à l’ONU – c’est une responsabilité qui lui revient», a soutenu l'ambassadeur canadien auprès des Nations unies, David Lametti, lors d'une entrevue avec La Presse Canadienne.
«L’ONU est d’une importance cruciale: elle reste peut-être la seule institution au monde capable d’organiser ce type de débat sur un pied d’égalité, ou presque, entre Meta, Amazon Web, Microsoft, Apple et Google – et tous ces autres pays.»
M. Lametti a officiellement pris ses fonctions en novembre dernier. Il estime que l’IA occupe «entre 10 et 15 %» de son temps.
Selon M. Lametti, il existe «sans aucun doute un consensus» sur la nécessité d’assurer la sécurité de l’IA, ainsi que sur les craintes des pays émergents, notamment en Asie, de se retrouver à la traîne.
L’IA a été un thème majeur du Sommet du G7 qui s’est tenu en France au début du mois, les principales économies s’efforçant de trouver un consensus sur la manière de réglementer les plateformes sans nuire à la croissance économique.
«Tous ces pays du monde, quelque 190 pays, ne veulent pas se contenter d’être de simples consommateurs de technologies, a-t-il expliqué. Ils veulent avoir leur mot à dire dans leur adoption. L’ONU reste le seul lieu où ils peuvent le faire.»
M. Lametti a rappelé qu’il avait travaillé sur la gouvernance de l’IA en tant que ministre fédéral de la Justice et en tant que professeur de droit à l’Université McGill, il y a plus de dix ans.
«Je pense disposer d’une expérience particulière dans ce domaine qui sera utile, tant pour le Canada que pour le monde entier. J’en fais donc clairement une priorité personnelle», a-t-il assuré.
«Cela s’inscrit dans les priorités du gouvernement concernant la sécurité et le développement de l’IA – ces deux aspects vont de pair.»
M. Lametti, qui se rendra à Genève le mois prochain pour le sommet mondial «AI for Good», croit que «les choses vont évoluer rapidement», et que «ce sera important».
Suite du travail
En mai, M. Lametti a accueilli le président du Rapport international sur la sécurité de l’IA à la mission du Canada auprès des Nations unies, à l’occasion d’un événement consacré à la manière dont les puissances intermédiaires peuvent encourager une utilisation sûre de l’IA.
Ce rapport soulignait des risques comme le chantage, les activités criminelles, la manipulation, les cyberattaques et même «la mise au point d’armes biologiques ou chimiques».
En juin dernier, le Canada a coorganisé avec le Brésil une table ronde sur la manière dont une IA inclusive peut autonomiser les personnes en situation de handicap, les peuples autochtones et les femmes – mais aussi aggraver les inégalités si elle n’est pas utilisée à bon escient.
Le premier ministre Mark Carney a nommé M. Lametti ambassadeur du Canada auprès des Nations unies l’automne dernier, après un été passé à ses côtés en tant que secrétaire principal. Les deux hommes avaient joué ensemble au hockey à l’Université d’Oxford dans les années 1990.
Il a remplacé Bob Rae, qui faisait souvent la une des journaux pour des déclarations reflétant généralement les politiques du gouvernement Trudeau, bien que souvent formulées de manière plus franche.
M. Lametti a l’intention de poursuivre bon nombre des priorités de M. Rae, telles que la mise en place d’un groupe de travail sur le développement économique à long terme et la transition démocratique en Haïti.
Depuis 2021, les gangs contrôlent une grande partie de ce pays des Caraïbes, ce qui a entraîné une crise humanitaire et suscité de graves inquiétudes en matière de sécurité.
Selon M. Lametti, la situation en Haïti touche aux «trois piliers du document fondateur de l’ONU», à savoir la paix et la sécurité, les droits de la personne et le niveau de vie.
D’autres sujets sont moins en vue, comme la défense des Rohingyas, victimes de violences effrontées de la part des autorités birmanes et d’extrémistes bouddhistes.
«Si je n'ai pas repris les autres engagements en Asie que l’ambassadeur Rae avait pris, il ne faut pas y voir une dévalorisation, mais plutôt un choix de priorités de ma part», a fait valoir M. Lametti.
Dylan Robertson, La Presse Canadienne