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Diminution de 56 % des fouilles complètes en centre jeunesse en 2025-2026

durée 16h04
29 mai 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — La directrice nationale de la protection de la jeunesse et sous-ministre adjointe, Lesley Hill, tient à réduire le recours aux fouilles, autant sommaires que complètes, dans les centres de réadaptation. Selon les chiffres du ministère de la Santé et des Services sociaux, les fouilles complètes ont diminué de 56 % entre avril 2025 et mars 2026.

Au total, durant cette période, il y a eu 5127 fouilles complètes d'effectuées. Pour les fouilles sommaires, il y en a eu 7531, ce qui représente une baisse de 66 %.

Une directive ministérielle a été envoyée en juillet 2025 pour mieux encadrer les fouilles en centre jeunesse. En amont de cette directive, les attentes de la Direction de la protection de la jeunesse ont été communiquées à l'ensemble du réseau, ce qui a permis «un ajustement rapide des pratiques cliniques», et au final, une réduction du recours aux fouilles, soulève le ministère dans un courriel transmis à La Presse Canadienne.

Dans une entrevue avec l'agence de presse, Mme Hill précise que les fouilles à nu sont interdites dans les centres de réadaptation. Ce type de fouille sous-entend de faire une inspection visuelle des parties génitales. «C'est interdit, martèle-t-elle. C'est vraiment important ça. C'est la première affaire qu'on souhaite clarifier.»

Deux types de fouille sont permis envers les personnes mineures. Il y a les fouilles sommaires, où on peut faire une inspection des effets personnels du jeune et balayer la personne avec un détecteur de métal. Puis, il y a les fouilles complètes — qui sont interdites pour les moins de 14 ans — où le jeune se déshabille dans une salle, enfile une robe de chambre et remet ses vêtements à un intervenant. Puis, il y a «une inspection visuelle, mais pas des parties intimes», rappelle Mme Hill, qui reconnaît que c'est intrusif et qu'il faut diminuer le nombre de ces fouilles à travers la province.

Lorsqu'on lui demande s'il y a trop de fouilles complètes sur des personnes mineures au Québec, Mme Hill répond que ce n'est pas possible de viser zéro. Elle explique qu'au Québec, les personnes mineures, qu'elles soient suivies en vertu de la Loi sur la protection de la jeunesse ou de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA), se retrouvent sous le même toit, le même centre de réadaptation.

«On peut s'attendre à avoir un peu plus de fouilles, les deux types, avec des jeunes contrevenants parce qu'ils sont impliqués dans des trucs plus criminels, avec des gangs de rue parfois, avec du trafic de drogue, trafic d'armes. Ils ne sont pas tous enfermés en détention. Il y en a qui sortent dans la communauté, qui reviennent dans les installations», décrit Mme Hill.

C'est donc sous le motif de la sécurité des usagers, du personnel et des visiteurs que les fouilles sont faites. Et des objets sont cachés par certains jeunes, assure la directrice nationale de la protection de la jeunesse.

«On pouvait avoir des jeunes qui attachaient à leur partie génitale de la drogue avec du ''tape'' gris... C'est sûr que c'est plus le métal qui me préoccupe. Je comprends que la drogue, on ne veut pas en avoir qui circule dans les installations, et un détecteur de métal ne trouvera pas de drogue. Mais en même temps, c'est trop intrusif», affirme Mme Hill.

Elle tente de transformer ce qu'elle appelle de la «vieille réadaptation». Par exemple, un jeune qui fugue et qui est reconnu pour être violent, il a peut-être déjà menacé un employé avec une arme, ce dernier aura fort probablement une fouille complète. «Mais si c'est un jeune qui n'est pas reconnu pour ce type de violence, ce n'est pas parce qu'il fugue qu'on a besoin de le fouiller. C'est vraiment ces automatismes qu'on essaie d'enlever.»

L'équilibre est toutefois délicat. «Mon enjeu, c'est qu'on en trouve des affaires. Ce n'est pas juste des vapoteurs. [...] J'ai des photos de couteaux, de drogue, et des clous de quatre, cinq pouces, des trucs de même qui ont été confisqués», soutient Mme Hill. Elle estime que son cheval de bataille pour la prochaine année est de faire en sorte qu'il y ait une tendance à une baisse notable du nombre de fouilles, tout en conservant la sécurité des lieux.

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne