Des travaux au CHUM mènent à des virus oncolytiques plus efficaces
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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Une équipe montréalaise a identifié un mécanisme qui permet d'augmenter l’efficacité des virus oncolytiques dans le traitement du cancer du sein, notamment face aux cancers du sein les plus récalcitrants.
Ces travaux suggèrent qu’il est possible de rendre sensibles à la virothérapie des tumeurs qui y échappent aujourd’hui, en particulier les cancers du sein triples négatifs qui sont parmi les plus difficiles à traiter.
«On a réalisé qu'il y avait certaines sortes de cancer du sein qui étaient beaucoup plus sensibles que les autres, a expliqué l'auteure de l'étude, la chercheuse Marie-Claude Bourgeois-Daigneault du Centre hospitalier de l'Université de Montréal. Puis, on a été capables d'identifier qui seraient les patients qui répondraient le mieux à notre traitement.»
En bref, Mme Bourgeois-Daigneault et ses collègues ont découvert que l'estrogène bloque une voie de défense cellulaire naturelle, appelée NF-kappaB, qui protège normalement les cellules contre les virus.
Une fois ce mécanisme de défense bloqué, le cancer devient naturellement plus sensible au traitement viral.
«Cette hormone-là rend notre traitement meilleur, a résumé Mme Bourgeois-Daigneault. Parce que si on est capables de bloquer NF-kappaB, les cellules ne peuvent plus se protéger contre l'infection.»
Et tout ça est sans danger pour le reste de l'organisme, puisque les virus oncolytiques sont conçus pour s'attaquer spécifiquement aux tumeurs cancéreuses, a-t-elle souligné.
En revanche, cette découverte révèle aussi que les traitements hormonaux utilisés en première ligne de défense face au cancer peuvent réduire l'efficacité des virus oncolytiques en bloquant l'estrogène ― puisque sans estrogène, les cellules peuvent se défendre plus efficacement face au virus.
L'idée serait donc maintenant de combiner des virus oncolytiques à des médicaments qui bloquent NF-kappaB pour ouvrir la voie à des traitements plus flexibles, plus inclusifs et mieux adaptés aux besoins cliniques, a-t-on expliqué par voie de communiqué.
Cette stratégie ouvrirait la porte à l’ensemble des cancers du sein, et même à d’autres cancers solides qui ne dépendent pas des hormones, assure-t-on.
«Même les patientes qui ne répondaient pas à notre traitement pourraient maintenant y répondre grâce à ce qu'on a identifié», a prédit Mme Bourgeois-Daigneault.
Les conclusions de cette étude ont été publiées par le journal Molecular Therapy.
Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne