Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

De nombreux aînés sont touchés par une maladie oculaire dégénérative méconnue

durée 10h00
28 février 2026
La Presse Canadienne, 2026
durée

Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — La dégénérescence maculaire liée à l’âge entraîne une importante perte de vision chez les aînés qui en sont atteints. Et ils sont nombreux. Cette maladie oculaire dégénérative touche plus de 500 000 Québécois, soit environ cinq fois plus que la maladie d'Alzheimer, et pourtant elle reste méconnue du grand public.

À l'échelle du pays, ce sont plus de 2,7 millions de personnes qui en sont atteintes. La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est la principale cause de perte de vision chez les Canadiens de 55 ans et plus.

La plupart du temps, au début, les symptômes sont légers, explique le Dr Serge Bourgault, ophtalmologiste spécialisé en chirurgie de la rétine et du vitré. Cela fait en sorte qu'il est fréquent que les gens ne se rendent pas compte de la maladie qui s'installe.

«Si jamais ils consultent à cause d'une légère baisse de vision, on a moins de chance de dépister un problème qui est grave. Ça peut arriver que des gens avec une dégénérescence maculaire humide n'aient pas beaucoup de symptômes, et qu'un examen de routine chez leur optométriste va permettre de la déceler. À ce moment-là, l'optométriste va les envoyer voir l'ophtalmologiste pour un traitement.»

La DMLA peut avoir d'importantes conséquences dans la vie des gens. «La conduite automobile, c'est souvent l'impact le plus notable chez les patients. Ça leur fait toujours quelque chose lorsque le permis de conduite doit être retiré parce que la vision n'est plus assez bonne, raconte le Dr Bourgault. Les gens aiment beaucoup lire aussi, c'est une maladie qui rend la lecture parfois difficile [...] et ça va affecter la reconnaissance des gens aussi, comme ça affecte la vision centrale. Souvent ils vont dire: ''je vous vois, mais je ne vois pas bien votre visage''.»

De l'espoir dans de nouveaux traitements

La forme sèche de la maladie est caractérisée par des dépôts sous la rétine. «Avec le temps, la forme sèche peut progresser, puis ça peut amener un amincissement de la rétine. À ce moment-là, les gens vont avoir une baisse de vision qui est plus significative, ça peut être même une perte de vision centrale qui est très prononcée», explique le Dr Bourgault.

Pour la forme humide, des vaisseaux sanguins anormaux vont croître sous la rétine, ce qui peut amener du liquide à l'intérieur de la rétine et des saignements. «Les gens à ce moment-là vont avoir une baisse de vision et de la distorsion. C'est une forme qui progresse plus rapidement, la forme humide, mais qui est traitable», précise le Dr Bourgault.

Les traitements consistent à faire des injections de médicaments dans l'œil pour freiner la croissance des vaisseaux sanguins anormaux. Plus ils sont commencés tôt, meilleurs sont les résultats.

Pour la forme sèche, il y a peu d'interventions présentement, indique le spécialiste. Les ophtalmologistes vont travailler sur les facteurs de risque avec les patients, comme le tabagisme et l'alimentation. Il existe deux médicaments qui sont disponibles aux États-Unis, a fait savoir Dr Bourgault. Il s'agit d'injections dans l'œil qui peuvent ralentir la croissance de la maladie.

L'un des deux médicaments serait en cours d'analyse par Santé Canada.

L’Association des médecins ophtalmologistes du Québec (AMOQ) travaille à démystifier la DMLA afin de mieux la prévenir. Ottawa a reconnu l'importance de sensibiliser le public aux maladies oculaires dans sa Loi sur la stratégie nationale sur les soins oculaires, qui a été sanctionnée en 2024. Parmi les initiatives, février a notamment été désigné comme Mois de la sensibilisation à la dégénérescence maculaire liée à l’âge, qui vise justement à améliorer la compréhension par le public de cette maladie oculaire.

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l'Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne