Crise au PLQ: l'échange de textos au sujet des brownies «ne peut être qu’un montage»

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Par La Presse Canadienne, 2026
QUÉBEC — L’échange de textos faisant référence à des paiements en échange de votes et qui sont à l'origine de la crise au Parti libéral du Québec (PLQ) qui a mené à la démission de Pablo Rodriguez «ne peut être qu’un montage», conclut le rapport d’enquête du juge à la retraite Jacques R. Fournier.
Rappelons que le 19 novembre 2025, le «Journal de Montréal» publie un article montrant des textos suggérant que des membres qui appuyaient Pablo Rodriguez lors de la course à la chefferie auraient eu des récompenses en argent – des «brownies».
Selon le rapport d'enquête rendu public mercredi, il y aurait eu deux séries de textos. Dans la première série datant du 11 au 13 avril 2025, il n'est pas question de «brownies». Elle se termine par le message: «The money also».
«La référence à “The money also” que fait l’auteur des textos, fait sans doute référence au billet de 5 $ qui est attaché aux formulaires d’adhésion qui allaient éventuellement être remis au Parti libéral en vue de l’émission des cartes de membres dont il est question en premier lieu», soutient M. Fournier.
Dans son article, le «Journal de Montréal» publie tout d’abord une capture d’écran provenant de la première série de textos se terminant par la phrase «The money also».
«Après avoir cité le début des textos des 11 au 13 avril 2025, le Journal de Montréal poursuit l’article en écrivant la phrase suivante: “Les deux personnes font allusion à une récompense pour les membres qui voteront en faveur de M. Rodriguez” et on insère les textos suivants qui font allusion aux “Brownies”», indique le juge.
«La comparaison des deux contenus démontre que la partie rapportée dans le journal ne fait pas partie des discussions entre le 11 et 13 avril 2025 et que ce n’est que par collage, après avoir soustrait une partie du texte original, que la source aurait pu les inclure dans la chaîne des messages», conclut M. Fournier.
«Considérant que les dates du 11 au 13 avril sur les premiers textos, font voir un échange continu qui porte sur un tout autre sujet que celui du “Brownies”, je conclus que ce qui a été transmis au Journal de Montréal, et qui porte la même date et les mêmes mots, ne peut être qu’un montage», ajoute-t-il.
Le juge indique que «sans connaître les auteurs des textos et avec les seuls extraits publiés, il n’est pas possible d’en établir la véracité ni même l’authenticité de tout ou de partie de ces messages. Il est évidemment impossible de connaître une chose si elle n’a pas existé».
Il ajoute qu’il ne peut pas déterminer le bien-fondé ou non des allégations formulées dans l’article du «Journal de Montréal», notamment car il n’a pas «pu avoir accès à l’intégralité des messages».
M. Fournier indique toutefois que s’il y a eu une démarche illégale, elle «n’a eu aucune incidence sur le résultat final» de la course.
Thomas Laberge, La Presse Canadienne