Carney se justifie d'avoir évité de mentionner l'ACEUM durant son appel avec Trump

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Par La Presse Canadienne, 2026
OTTAWA — Le premier ministre Mark Carney fait valoir qu'il y a un bon temps pour chaque chose en se justifiant d'avoir évité de mentionner, au cours d'un appel avec le président américain Donald Trump, la révision de l'accord de libre-échange connu au Canada comme l'ACEUM.
«Il y a un moment et un espace pour cette discussion», a-t-il dit vendredi, ajoutant qu'il a plusieurs interactions avec M. Trump et qu'il a abordé ce dossier à de multiples occasions.
Comme il l'avait fait la veille, le premier ministre a noté que l'appel, qui a eu lieu mercredi, avait été sollicité par M. Trump et que certains hauts responsables de son administration avaient joint la conversation par moments, comme le secrétaire de la guerre, Pete Hegseth.
«C'était une discussion très spécifique entourant des enjeux de sécurité et des enjeux géostratégiques ayant trait à ces enjeux de sécurité», a ajouté M. Carney vendredi.
Jeudi, il a décrit l'échange comme une «longue discussion» qui a couvert les derniers développements concernant l'Iran, la situation plus large au Moyen-Orient et les questions liées à l'OTAN dont le sommet des dirigeants approche.
L'ACEUM doit faire l’objet d’un réexamen obligatoire à compter du 1er juillet, mais les commentaires de l’administration Trump indiquent que les États-Unis comptent dépasser cette date butoir.
Néanmoins, si la révision s'enclenchait, ce serait le début d'une période de renouvellement de l'accord, avec la possibilité que l'entente n'arrive à échéance que dans 16 ans pour expirer en 2042 plutôt qu'en 2036.
C'est l'avenue que le Canada et le Mexique ont dit espérer.
Mais le président Trump a fait savoir à bien des occasions qu'il n'aime pas l'ACEUM.
Ainsi, s'il n'y a pas d'accord entre les parties pour y aller de ces discussions de renouvellement d'ici au 1er juillet, cela déclencherait plutôt un réexamen annuel renouvelable pendant une période pouvant aller jusqu’à dix ans, à l’issue de laquelle l’ACEUM expirerait s’il n’était pas renouvelé.
Une rencontre virtuelle sur l’ACEUM est prévue le 1er juillet entre le ministre responsable du Commerce Canada-États-Unis, Dominic LeBlanc, et ses vis-à-vis des États-Unis et du Mexique responsables du dossier.
M. Carney n'a pas manqué de le rappeler vendredi. «Ces discussions continuent», a-t-il résumé.
La grande majorité des exportations canadiennes vers les États-Unis ont jusqu’à présent été protégées des droits de douane imposés par Donald Trump, car elles sont conformes à l’ACEUM. Or, l’accord commercial n’a pas exempté l’acier, l’aluminium et les automobiles canadiens d'imposants droits de douane.
Le ministre LeBlanc a répété à maintes reprises qu’il s’attendait à ce que des accords bilatéraux soient négociés avec les États-Unis, parallèlement à l’ACEUM.
- Avec des informations de Kelly Geraldine Malone, à Washington
Émilie Bergeron, La Presse Canadienne