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Appuyée par des femmes, Ruba Ghazal dénonce la misogynie en ligne

durée 14h59
8 mars 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

2 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTREAL — Plusieurs femmes ont pris la parole dans une vidéo aux côtés de la co-porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, afin de dénoncer la misogynie et la haine sexiste sur les réseaux sociaux.

«T'es une cr*** de folle, toé. Va te faire soigner.» Il s'agit d'une insulte que l'autrice India Desjardins a déjà reçue en ligne et qu'elle lit dans une vidéo publiée dimanche sur Instagram.

Plusieurs personnalités québécoises qui ont déjà reçu de telles menaces se sont exprimées dans cette publication, afin d'alerter la population dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes.

Ruba Ghazal n'échappe pas non plus à ces tels messages de haine publiés en ligne.

«Il n'y a pas longtemps, j'ai mis de l'avant des insultes, des commentaires haineux que je recevais en ligne», a-t-elle expliqué dimanche en entrevue avec La Presse Canadienne.

«Comme personnalité publique, une femme qui prend la parole, ça fait partie malheureusement aujourd'hui de notre vie de recevoir ce genre de commentaires haineux qui seraient inacceptables dans la vraie vie», a-t-elle raconté.

Après avoir parlé des insultes dont elle était victime, Mme Ghazal a reçu de nombreux témoignages de femmes qui prennent la parole publiquement, parfois sur des enjeux polarisants, et qui ont peur de continuer en raison de cette vague de haine.

«Il ne faut surtout pas banaliser cette violence-là, même si elle est reçue en ligne, et dire haut et fort avec toutes les femmes qui ont pris la parole dans cette vidéo que non, nous ne nous tairons pas», a souligné la co-porte-parole.

Le mot-clic #OnSeTientDebouttes, une thématique mise de l'avant par la Fédération des femmes du Québec pour cette journée du 8 mars, a été repris dans la vidéo.

Ruba Ghazal s'inquiète de la croissance de cette haine, qui coïncide avec la montée du discours masculiniste, notamment aux États-Unis. Selon elle, le Québec n'est pas à l'abri.

«Ce discours-là masculiniste arrive malheureusement chez nous. Ça a un impact sur les femmes. Et on voit aussi une montée du discours misogyne et masculiniste, même dans les écoles», a-t-elle indiqué.

«Il y a beaucoup de travail d'éducation et de sensibilisation de la population à faire», estime-t-elle.

Québec solidaire a déjà pris l'engagement de créer un service de première ligne pour freiner la cyberviolence et venir en aide aux victimes s'il forme le prochain gouvernement.

«En ce moment, le seul recours qui existe, c'est d'appeler le 911 ou d'aller au poste de police et ça, ça peut être intimidant. Les gens, des fois, ne veulent pas judiciariser ça, ce qu'ils veulent, c'est que le comportement de cyberintimidation cesse», a expliqué Mme Ghazal.

Elle propose donc de créer une ligne disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour répondre aux plaintes, aider la victime et même aller jusqu'à intervenir auprès du cyberagresseur, en allant jusqu'à chercher une injonction de la cour si besoin.

Mme Ghazal a mentionné qu'il s'agissait d'un modèle qui existe en Nouvelle-Zélande depuis 2014 et qui semble faire ses preuves, puisque 97 % des plaintes sont réglées en moins de 15 jours.

Audrey Sanikopoulos, La Presse Canadienne