Les distractions au volant sont multiples, confirme la Sûreté du Québec (SQ). Toutefois, peu sont réprimandables. Si le cellulaire au volant est maintenant interdit depuis le 1er avril 2008, beaucoup de distractions sont difficiles à sanctionner.
Dans 32,7% des accidents mortels, la distraction est en cause, selon la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), les distractions sont multiples : manger au volant, se maquiller, lire, ajuster sa radio ou son GPS, boire, etc. Pour les accidents avec blessures graves, le chiffre s’élève à 39,1%, puis à 50,4% pour les accidents avec blessures légères.
Valérie, une automobiliste qui passe beaucoup de temps sur la route, admet qu’elle essaie de rentabiliser son temps en voiture. « Je me maquille dans l’auto, je déjeune…Je sais que ce n’est pas super sécuritaire, mais j’attends d’être à une lumière par exemple, ou en ligne droite », explique-t-elle.
Du côté de la SQ, il est difficile d’intervenir dans des situations comme celle-ci. « Plusieurs policiers vont intercepter des véhicules pour leur donner un avertissement, faire de la prévention, mais c’est plus difficile de donner un constat d’infraction », explique la sergente Bilodeau, porte-parole de la SQ. Comme ces gestes ne sont pas une infraction à proprement dit, le policier doit avoir une raison valable avec preuve pour émettre une contravention, comme celle de conduite dangereuse par exemple.
Si la distraction principale demeure le cellulaire, les contraventions, elles, ne cessent d’augmenter. Ce sont 43 613 constats d’infraction qui ont été remis lors de la première année complète de l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur le cellulaire au volant, soit en 2009, rapporte la SAAQ. Les contraventions sont depuis de plus en plus nombreuses, s’élevant à 66 089 en 2013. Cette importante augmentation s’explique, selon la SAAQ, par une vigilance accrue des policiers, qui en plus, développent des techniques pour apercevoir le cellulaire au volant. Le porte-parole de la SAAQ confirme aussi que les automobilistes font moins attention d’années en années depuis l’entrée en vigueur de la loi.