Société

Les «enfants boomerang»

Marie-Philip Chaput Marie-Philip Chaput
JOLIETTE - 

Les «enfants boomerang» sont une génération de jeunes adultes qui résident encore chez leurs parents ou qui décident d’y revenir après un certains temps. Portant aussi le surnom de Tanguy, à cause d’un film du même nom, ces jeunes vivent tous, pour des raisons diverses, au crochet de leurs parents.

Laurence (nom fictif, afin de garder l’anonymat de la personne), 21 ans, diplômée d’une technique juridique et présentement étudiante en droit à l’Université d’Ottawa, paye environ 14 000$ par année pour s’instruire dans cette université. Le seul revenu qu’elle a est son travail d’été dans un palais de justice du Québec en tant que technicienne juridique. Durant la saison estivale, elle retourne habiter chez ses parents et n’a pas de frais de loyer et de frais d’épicerie a payé. Elle est une «enfant boomerang».

Le phénomène des «enfants boomerang» est une réalité que certains pères et mères vivent lorsque leurs enfants, après être partis du nid familial pour un court ou long moment, retournent chez leurs parents, afin de mettre de l’argent de côté pour rembourser leurs dettes d’études, par exemple.

Selon une recherche émis par TD Canada Trust en 2013, 19% des baby-boomers seraient prêts à mettre en péril leur propre situation financière pour aider leurs enfants qui retournent vivre à la maison familiale. Au cours d’une entrevue avec le journal, les parents de Laurence ont confirmé qu’ils seraient prêts à mettre de côté beaucoup de choses et de se serrer la ceinture, afin d’aider leur fille à atteindre ses objectifs. Ils expliquent qu’ils ont vécu ce qu’ils souhaitaient vivre étant jeunes et que leurs objectifs de carrière étaient atteints.

Avoir une bonne relation avec ses parents, ainsi qu’un support moral et financier de ces derniers est très important pour elle dans son cheminement. «Je réalise à quel point j’ai de la chance. Ce n’est pas tout le monde autour de moi qui a de telles ressources et un tel support», explique-t-elle. Elle ajoute que ses parents seraient même prêts à prendre l’argent de leur fonds de pension pour elle. Elle se dit plus que choyée et c’est pourquoi elle prend part à certaine tâches ménagères. «Ce n’est pas grand-chose, mais c’est ma manière de les remercier», ajoute Laurence.

Quelques statistiques,

•43% des parents acceptent que leurs enfants restent chez leurs parents sans payer de pension.

• 29% des parents subventionnent des matériels onéreux à leurs enfants, comme une nouvelle auto ou un ordinateur.

•23% des parents contribuent au paiement de l’épicerie et au loyer de leurs enfants.

•20% des parents aident leurs enfants en payant leur carte de crédit et de débit.