La Commission de santé et sécurité au travail a rendu publique les conclusions de son enquête concernant le décès de Pierre-Luc Boudreau, survenue le 15 mars dernier. Le rapport des deux inspecteurs de la CSST blâme l’employeur de M. Boudreault, notamment pour une formation et une supervision déficiente pour le travail en espace clos.
Rappelons que Pierre-Luc Boudreault effectuait le déchargement d’un silo à grains vers un camion de transport. Pour éviter que le grain moisi ne contamine le chargement, l’employé a dû pénétrer à l’intérieur du silo pour recueillir le grain moisi. C’est le conducteur du camion qui a constaté que la vis de chargement n’acheminait plus le grain vers le camion. Après quelques recherches, l’employé a finalement été retrouvé enseveli dans le silo, son décès a été constaté à l’hôpital.
Les inspecteurs Martin Rondeau et Michel Labbée ont expliqué que trois facteurs avaient contribué au décès de Pierre-Luc Boudreau. Tout d’abord, l’employé se trouvait à l’intérieur du silo au moment où les grains s’écoulaient hors de celui-ci. Une manœuvre dangereuse mais nécessaire pour retirer du silo les grains devenus contaminés par l’humidité. Selon le rapport, l’employé s’est retrouvé enterré par les grains qui s’écoulaient du silo vers le camion et par ceux se déversant du sommet du silo. « Six secondes ont été nécessaires pour que l’employé se retrouve enterré par les grains de mais », a expliqué l’inspecteur Michel Labbée.
Formation déficiente
La CSST ajoute que la formation et la supervision de l’employé lors de son travail en espace clos était insuffisante. Michel Labbé souligne que sur presque tous les accès du silo, on retrouve des avis indiquant le danger de pénétrer à l’intérieur de la structure. Par ailleurs, l’inspecteur a souligné que s’il en avait exprimé le désir, M. Boudreault aurait pu formuler le refus d’y entrer, étant donné les risques qu’il encourrait.
Il souligne cependant que la présence de grains détériorés a forcé l’employé à travailler de l’intérieur du silo. Selon lui, la présence de ces grains contaminés pouvait être expliquée par de nombreux facteurs. L’humidité causée par une mauvaise ventilation aurait causé de la condensation, ce qui aurait mené à la contamination d’une certaine quantité de grains de maïs.
Prévenir les autres
La ferme Majonick a été condamnée à une amende d’un montant qui peut varier entre 15 420$ et 61 680$ . Chantal Beaudoin, de la direction régionale de Lanaudière, a invoqué des raisons de confidentialité pour ne pas dévoiler le montant exact de l’amende imposée à la ferme.
Le président de l’UPA Lanaudière, Gilbert Mathieu, a quant à lui évoqué le souhait que les autres agriculteurs prennent les mesures nécessaires pour qu’un tel incident ne se reproduise pas.