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17 octobre 2017 - 10:23

Étoffe d’un acériculteur gagnant

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M. Jean-Marie Turenne a obtenu le 1er prix pour la qualité de son sirop d’érable clair en 2017, soit pour les régions  d’Outaouais, Laurentides et Lanaudière. Voici le portrait de l’artisan de cette victoire. 
 
Tout a commencé par les érablières voisines d’Adélard et Onésime Turenne à St-Damien de Brandon. Vers les 1940, à eux deux, ils exploitaient près de deux milliers d’entailles. Un flanc de montagne orienté Sud-Est, Sud et Sud-Ouest. Bref, le soleil y est présent une bonne partie de la journée. 
 
C’était à l’époque des chevaux et du ramassage en raquette avec des sceaux et difficile alors d’entailler beaucoup plus dans une exploitation familiale. En fait le véritable fardeau était l’obligation de faire bouillir toute l’eau recueillie, afin de vider son réservoir avant la prochaine journée. Fallait bien dormir un peu!  
 
Dans ce contexte, assurant la relève pour les deux érablières, Jean-Marie ainsi que son associée et épouse Pierrette se sont depuis investis à accélérer tout le processus de production du sirop d’érable. Ce faisant, l’exploitation gagnait énormément en qualité et en efficacité.  
 
Premier secret, les Turenne utilisent toujours le bois pour chauffer la sève d’érable. Ce bois est tiré de l’érablière et ils en gardent une réserve pour plusieurs saisons des sucres.
 
La pose des chalumeaux débute à la mi-janvier, lorsque la température atteint entre -5 et -10 0C. Pas question de manquer la première coulée.
 
Depuis longtemps Jean-Marie utilise des tuyaux pour alimenter sa bouilloire, puis ont suivi un filtre d’osmose, la succion et finalement sa fameuse bouilloire.
 
Et Jean-Marie d’insister ici que le filtre osmotique ne sert jamais à plus de 8% de concentration de sucre. Pas question pour lui de vendre du sirop altéré en haussant ce filtrage.
 
Après cette première opération la sève, alors de 1 à 3 0C, est conduite vers la bouilloire. De là, en traversant la cheminée et un autre chemin non révélé, elle atteint près de 90 0C.
 
Atteignant la première des 12 pannes Cantin de la bouilloire, la température de l’eau d’érable y augmente rapidement, grâce à des ailettes captant la chaleur et s’étirant sur 12 pouces sous la panne.  Ici et là, à des endroits stratégiques selon Jean-Marie, cinq injections d’air ont été ajoutées.
 
Avec ses 3 pieds de large et s’étirant sur 25 pieds, soit la limite que permet la cabane, la vielle bouilloire Mercure des années ’50 est chauffée au maximum par le bouilleur Paul-Émile Turenne. Un travail à temps plein, dira-t-il dans son langage de sourd-muet. 
 
Pour laisser place au foyer et aux flammes, les trois dernières pannes n’ont pas d’ailettes pour capter la chaleur. C’est là, rendue au terme de sa course, que la sève devient le sirop. Le secret est justement cette pointe de chaleur qui donne ce si bon goût qui est recherché. 
 
Et Jean-Marie tient à ce que son sirop titre entre 219 et 220 degrés Brix, soit l’unité de mesure du niveau de sucre d’un liquide.  Et au plus fort de la journée, il s’en produit de 2 à 2,5 gallons à chaque quart d’heure.  
 
Avec une telle installation, les choses vont rondement et les deux frères n’y passent pas la nuit, contrairement à leur père à l’époque.  
 
Pour les intéressés, Jean-Marie et Pierrette sont à leur pré-retraite et donc disponibles à qui voudrait bien améliorer leur production et,  qui sait, gagner un premier prix pour son sirop.       
   
Par Pierre Beaulieu
Collaborateur spécial

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1 réactions
  • Un expert ce Jean-Marie là.
    À l'école il parlait de tracteur presque dans 75% de ses conversations.
    Il a su se tirer d'affaire, avec sa ferme et tous ces machines qui d'ailleurs il entretien mécaniquement et sécuritaire.
    Il a la touche pour du bon sirop d'érable.
    Garde moé-z'en une couple de gallons pour la saison prochaine Jean-Marie

    Robert Grandchamp - 2017-10-20 14:37